L'attente

ATTENTE SOLENNELLE


Lorsque les nuages obscurs ont couvrent le soleil, privant ainsi les savanes et les steppes de ses rayons vitaux pour les fleurs, que reste-t-il à faire ? Que peut-on faire, du moment où l’âme de la création, la conjugaison du bien et du beau reste cambrée dans l’horizon de l’occultation, empêchant les créatures de savourer sa présence ?  Les fleurs du jardin ont ouvert leurs pétales pour savourer la clémence et la fraîcheur de leur jardinier. L’âme de ses suiveurs, pleine d’affection plonge vers le néant espérant la proximité de son assistance. C’est à partir de là que l’attente prend forme. Oui ! Tous demeurent en situation rebondissante d’attente afin que la splendeur du bonheur s’exprime dans l’univers. Qu’est-ce qu’elle peut paraître attrayante une attente au bout de laquelle la joie se manifestera !

REALITE EXPECTATIVE DE L’ATTENTE


Plusieurs sens ont été accordés au terme «attente» et l’important est de passer l’expression à l’étude pour y dégager la connotation adéquate. Attendre signifie avoir l’œil pointé sur l’horizon pour la venue de quelqu’un ou quelque chose. Cet œil reste éveillé en fonction de la valeur que représente l’hôte attendue. En plus d’être une disposition interne, l’attente se manifeste sur l’aspect extérieur de celui qui est en situation d’attente. Raison pour laquelle l’attente est considérée dans les hadiths comme un dynamisme, la meilleure des actions qui jettent à l’œuvre les spectateurs qui à travers d’efforts cherchent à donner une image grandiose à l’être attendu. L’attente ne constitue point s’asseoir les bras croisés, baillant, somnolant et maintenir l’ambiance ainsi morne. L’attente est une plate-forme de mouvement et d’actions permanent qui convergent vers l’événement en question.

Ceux qui attendent un invité par exemple ne restent pas inactif. Ils s’exercent tous à préparer l’atmosphère afin de le rendre appropriée et agréable pour le séjour de l’hôte, écartant toute situation pouvant entraver la présence de l’invité. Combien de fois l’attente de celui qui n’a pas d’égale sur terre, le Guide, le réformateur, le justicier. Celui dont la venue n’a jamais eu de pareil dans l’histoire. L’attente du gouverneur de la justice universelle, Imam Mahdi (a.s), est une réalité dont l’effectivité est mentionnée dans les textes comme «l’apparition victorieuse ». Cette attente est considérée comme la meilleure des actes d’adoration, et plus, le facteur pas lequel les œuvres seront agrées. Le noble Prophète (ç) déclare à ce propos : « La meilleur des acte d’adoration de ma communauté est l’attente de l’apparition (de Mahdi) »[69]. Imam Sâdiq ajoute : «voulez vous que je vous dise quelque chose important sans laquelle aucune œuvre n’est acceptée prés d’Allah ? Oui, réagit l’assistance. L’attestation en l’unicité de Dieu, en la prophétie du Prophète de l’islam, le respect des lois divines, l’acceptation de la willaya, s’opposer à nos ennemis, c’est-à-dire la soumission à nous les imams, la piété, l’effort, la maîtrise de soi et l’attente de l’apparition du Guide»[70]. Ainsi, l’attente a une particularité singulière dont la connaissance incombe à tous, afin que ses faveurs et ses bénédictions- que nous évoquerions plus haut- soient bien appréhendées.

LES PARTICULARITES DE L’ATTENTE DE MAHDI


Nous l’avons déjà dit que l’attente est quelque chose d’innée qu’on rencontre dans toutes les cultures. La forme d’attente ordinaire qui s’applique entre les individus dans une société, comparée avec l’attente du Réformateur de l’univers, qui a des caractéristiques idoines, ne représente qu’une infirmité atomique :

L’événement de l’attente d’imam Mahdi remonte à une ancienne époque, c’est-à-dire à la genèse de l’univers, car tous les prophètes et les privilégiés de Dieu en ont parlé, et nos imams précédents, en bons contemporains, avec une espérance d’être spectateur de l’événement, ont martelé des discours sur l’apparition du Justicier universel. Imam Sâdiq dit : «Si j’avais pu percevoir sa réalité, j’aurais sacrifié toute ma vie à son service»[71].

L’attente d’imam Mahdi se distingue par un pacifisme universel, supporté par un gouvernement pour une justice globale et le règne du bien. L’humanité demeure impatiente de voir se concrétiser cette manifestation naturelle incomplète qui l’anime et augmente son sens de l’espérance au jour le jour. Mahdi est l’incarnation de la justice pure, la fraternité, l’amour, l’égalité, la gaieté, la paix et de l’éveil de la pensée humaine. Il est le catalyseur qui fera disparaître l’esclavage, l’impérialisme, la colonisation, la discrimination, la corruption et toute forme de dépravation de mœurs.

L’attente d’imam Mahdi nécessite une préparation préalable des lieux pour qu’aucun mal ne résiste au vaccin du pacifisme prodigieux qui accompagnera ce courant révolutionnaire. Nous devons donc nous préparer à donner un coup de main indispensable à son éminence afin qu’il ne compte pas uniquement sur les miracles pour accomplir vaillamment sa noble mission.

L’attente de la preuve divine accroît une passion dans les cœurs, redonne la vie et exprime la délivrance. Les particularités de l’attente soulignées ci-dessus s’accordent avec l’histoire et l’essence de chaque créature, rendant ainsi invalide toute autre forme d’attente. Il est alors possible de dépasser cette étape et entrer dans les dimensions et les empreintes de ce mouvement pour mieux comprendre le rôle et les mérites des attendeurs.

DIMENSIONS MERITOIRES DE L’ATTENTE


L’homme a plusieurs dimensions. Il est à la fois un être pensant et intelligent, un animal social qui a souvent tendance à vouloir mener une vie stoïcienne et solitaire. Il est composé de dimensions physique, psychique et spirituelle. Toutes ces dimensions ont besoin d’une norme particulière pour permettre à l’homme de s’épanouir aisément et être l’épargné des turpitudes. Cette norme convenable se trouve dans l’attente du Guide.

L’attente du réformateur a de nombreuses influences dans les aspects de la vie des attendeurs. L’attente agit du point de vue de la pensée et de la conception et maintient l’être dans un couloir de comportement subordonnant l’attente. En d’autres termes, l’attente empêche les déviations idéologiques et orientes toute autre forme de pensée qui doit s’accorder à sa philosophie. Grâce à la lumière de l’attente expectative, les croyants sont immunisés contre les doctrines hérétiques qui essayent de profiter de la durée de l’occultation pour décourager les croyants et les dévier vers les conceptions sataniques. Imam Bâqir avertit : « Il viendra un temps où l’imam de la communauté sera en occultation. Heureux soit celui qui restera ferme et intransigeant en notre willaya»[72]. C’est-à-dire que les shiites s’accrochent sur l’attente de l’apparition de leur maître pour déjouer les plans des déviateurs qui s’emploient, par tous les moyens, à vouloir les faire chavirer les shiites de leur doctrine.

Du point de vue rationnel, l’attente conditionne le comportement du croyant. Les croyants doivent redoubler d’ardeur dans leurs actions en remuant toute la terre par la propagation et permettre aux ondes de l’apparition de vite couvrir la terre. L’auto- perfection et l’éthique sont de solutions individuelles appréciables qui offrent la sérénité spirituelle et donne du tonus au corps pour tenir longtemps au front. Imam Sâdiq affirme : «Quiconque aimerait faire partie des assistants du guide attendue doit se parer de vertus et de piété»[73].

L’attente agit doublement sur le plan individuel, en normalisant les rapports sociaux et en offrant un système de fonctionnement général pour la communauté. Chacun, en ce qui le concerne doit fournir des efforts personnels pour maintenir l’ordre social en luttant contre les gangrènes qui minent la société et évoluer ainsi vers une atmosphère propice au gouvernement de la justice universelle. Bref, l’attente est une disposition bénie qui exige l’intervention de toutes les forces pour donner une coloration divine à l’humanité, une coloration religieuse, éternelle et indélébile ; «l’empreinte d’Allah [qui a mis en l’homme la vertu], qu’est-ce qui est meilleur que (d’avoir en soi) l’empreinte d’Allah…». (S2 :138). En réalité, tout ce qui a été démontré ne prendra forme que s’il est teinté d’une marque divine qui s’exprime en chaque être et dans chaque société. Ce facteur, au lieu de rendre les responsabilités de l’attente plus lourdes, drainera plutôt du plaisir pour les croyants attendant. Quelle serait le sentiment que tu éprouverais si tu étais élu comme soldat d’imam Mahdi ? Serait-il nécessaire qu’on te rappelle encore qu’il faut agir comme ci ou te comporter comme ça ? Ou bien tu percevras personnellement ton devoir sans attendre qu’on te le rappelle ?

CONSEQUENCES DE L’ATTENTE


Certains pensent que l’attente maintiendra les gens dans une situation inactive et indifférente. Ils estiment que le Réformateur viendra et, seul s’érigera contre l’injustice, la perversité et la corruption, pendant qu’ils observeront en bons spectateurs. Autrement dit, rester les bras croiser, avant son soulèvement, et contempler les mal dévorer le monde en se disant : « inchallah il viendra effacer ça tout seul». Tenant en compte ce que nous avons déjà évoqué plus haut, il parait évident que le silence n’a pas sa place dans cette situation qui a tellement besoin d’une intense activité perpétuelle.

L’attente doit provoquer une tumultueuse agitation en celui qui attend, et cette agitation, telle une charge électrique doit augmenter de voltage au fur et à mesure que l’attendeur aura l’impression que le compte à rebours est proche. L’homme en attente doit prendre conscience qu’il est l’un des acteurs et le pivot de ce mouvement et commencer à agir, en cherchant à dresser dans la mesure de ses moyens la société vers un humanisme digne de ce nom. Un environnement paisible, solidaire, fraternel, où les croyances religieuses règneront et où les gens s’aimeront les uns des autres. Un milieu où le mahdisme s’incrustera en tous aura vaincu toutes les autres doctrines en « isme », avec pour hymne unique la religion. L’espoir ! Oui, l’espoir est un soutien qui permettra à l’esclave et à l’opprimé de supporter les peines et les supplices de ceux qui croient que le monde leur appartient. En vérité, quelle obédience connaissez-vous avec une telle conception pour ses adeptes ? Une voie divinement taillée sur mesure et au bout de laquelle une grande récompense attend chacun ?

RETRIBUTION DE L’ATTENTE


Heureux soient ceux qui contemplent permanemment la voie du bien ! Quelle est magnifique la récompense qu’elle emmène ! Quel honneur pour ceux qui ont compris la réalité des Ahl-ul-bayt de Mouhammad (ç) ! Nous avons préféré conclure cette section avec les propos des infaillibles (a.s) :

Imam Sâdiq (a.s) dit :

«Heureux soient les shiites du Guide de notre famille, qui sont en attente de son apparition, prés à lui vouer obéissance totale. Ceux la sont les amis de Dieux qui n’auront aucune crainte ni inquiétude»[88]. Quoi de meilleur que d’avoir accroché au cou la médaille de l’amitié divine ! Pourquoi s’inquiéter alors que la mort est dès lors devenue un repos au paradis ?

Imam Sajjâd (a.s) dit :

«Celui qui demeure ferme dans sa foi en la willaya pendant l’occultation du Guide de notre famille aura la récompense de mille martyrs tombés lors des batailles de Badr et Ouhd»[89]. En effet, quiconque reste intransigeant à la willaya d’imam du temps, en réitérant chaque fois ses engagements quelles que soient les circonstances, sera considéré non seulement comme l’un des combattants ayant été au front de Badr et Ouhd, mais il aura en plus la récompense de mille héros propulsés au rang des martyrs au cours de ces randonnés qui ont bénéficié de la présence du noble prophète (ç).

Imam Sâdiq (a.s) :

«Celui qui meurt alors qu’il attendait l’apparition du Guide, serait considéré comme s’il aurait été sous un même toit avec l’imam. Plus encore, il sera considéré comme celui qui aurait combattu prés de son éminence. Je jure par celui qui détient mon âme ! Il sera considéré comme celui qui serait tombé martyr en présence du Prophète (ç)»[90]. Ceux-là appartiennent au groupe des gens que le noble Prophète (ç) désignait comme faisant partie de ses intimes, ses frères.

Imam Bâqir (a.s) dit :

«Le prophète (SWAS) déclara un jour à un groupe de compagnons, «Seigneur ! Montre-moi qui sont mes amis ! Lorsqu’il répéta cette phrase deux fois, ses compagnons réagirent, «ne sommes-nous pas tes frères ? ». Il répondit, « Non ! Vous êtes mes compagnons. Mes frères sont ceux qui, à la fin des temps, auront foi en moi alors qu’ils ne m’ont pas vu. Allah me les a présentés de leur nom et du nom de leurs pères… la persistance, de chacun d’eux en religion, pour arracher les épines de toutes sortes dans une nuit ténébreuse, arrêtant un chardon en main, la plus difficile des choses à faire. Ce sont eux les portes étendard de la guidance qu’Allah épargnera des désordres et des divisions»[91].

Le noble Prophète (swas) dit :

«Heureux ceux qui auraient compris le Guide de ma famille et resté soumis à ses ordres avant son apparition. Ceux qui sera amis avec ses amis et ennemis avec ses ennemis qu’ils désavoueront à jamais. Ceux qui auraient de l’affection envers les imams précédents. Ceux-là sont les plus aimés et les plus estimés et les plus respectés auprès de moi»[92].

Ceux qui auraient réussi à avoir un si haut rang auprès du vénéré Prophète (ç) auront par conséquent une considération de premier chef auprès d’imam du temps. C’est une marque infinie d’amour et d’affection qui colporte l’approximation du Prophète.

Imam Bâqir (a.s) dit :

«Il viendra un temps l’imam de la communauté sera dissimulé. Heureux ceux qui demeureront ferme à notre willaya. En réalité, la plus petite récompense qu’ils auront sera cet appel divin qui clamera, « venez ! O mes serviteurs qui avez cru en mon secret (l’imam occulté), vous qui avez eu la conviction en son existence. Sachez que vous aurez la meilleure récompense car vous êtes Mes véritables adorateurs. J’agrée toutes vos œuvres et je pardonne toutes vos fautes. Je ferai descendre par votre bénédiction une pluie pleine de vie pour Mes créatures. Je leur éloignerai des malheurs et si jamais vous n’étiez parmi eux, j’aurais sûrement déjà fait descendre mon châtiment sur les peuple pervers»[93].

Certes, qu’est-ce qui peut rendre serein les croyants et mener leur attente vers un dénouement ? Qu’est-ce qui les illumine et leur rassure ? Ceux qui attendent et supportent les difficultés ne sont-ils pas satisfaits de partager les mêmes places que le noble Prophète (ç), l’Aimé de Dieu ? Quoi de plus agréable et souhaitable que cela !

Imam Kâzim dit :

« Les plus heureux de nos shiites sont ceux qui resteront grippés au câble de notre affection, reniant nos ennemis et considérant nos partisans. Ils sont des nôtres et nous sommes des leurs. Car ils auraient accepté notre autorité et nous aurions en retour accepté volontiers leur soumission. Félicitations à ceux-là ! Je jure par Allah que ceux la seront dans nos rangs avec nous le jour du jugement»[94].


note:

[69] Behare, t52, p122

[70] Gheybate Ni’mânî,

[71] Gheybate Ni’mânî, ch13, h46, p252

[72] Kamal, t1, h15, p602

[73] Gehbate Ni’mânî, ch11, h16, p200

[88] Kamal, t2, ch33, h54, p39

[89] Id, ch33, h6, p592

[90] Behare, t52, p126

[91] Id, p123

[92] Kamal, t1, ch26, h2, p535

[93] Id, ch32, h15, p602

[94] Id, t2, ch34, h5, p43

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